Mystérieux matou forestier.
Magazine échos systèmes n°8 Janv fev Mar 2009(disponible sur abonnement) Pour les
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Après avoir traversé la route devant le 4x4, l'animal a cessé sa course sur une grume au sol, dans une clairière.Il s'est assis et nous a fixés du regard pendant un long moment. Ne nous voyant
pas bouger-nous étions tétanisés par cette observation, aussi soudaine que rarissime, d'un chat forestier à même pas 20 mètres de nous-que s'est-il mis à faire? Sa toilette!! Oui, le splendide
félin aux moeurs nocturnes s'est toiletté sur un tronc, la nuit, sous la neige, observé et éclairé par les phares d'un 4x4! Et, pour tout vous dire, c'est nous qui sommes partis continuer notre
pistage, bien avant qu'il ne se décide à reprendre son chemin...
Les yeux d'Estelle Germain brillent encore aujourd'hui lorsqu'elle narre cette aventure nocturne.
Passionnée par le félin sauvage, la chercheuse ardennaise vient récemment de soutenir, au 2C2A-Cerfe, une thèse sur l'approche éco-éthologique de l'hybridation entre le chat forestier d'Europe
(Felis silvestris silvestris, Schreber 1777) et le chat domestique (Felis catus L.).
Campé sur des pattes puissantes et robustes, le chat forestier adulte mâle mesur 60 cm de longueur. Sa queue est touffue, cylindrique, épaisse, longue d'une trentaine de centimètres. Elle se
termine par un manchon noir et présente deux anneaux complets nettement visibles. Le poids moyen avoisine 3.5kg (maximum enregistré:4.95kg)pour la femelle et 5kg (au maximum 7.7kg) pour la mâle.
La fourrure est dense, soyeuse, et les deux sexes ont un pelage identique. Le patron de la robe offre une dominante allant du fauve clair au gris. Le ventre est plus clair que le dos. L'échine
est nettement soulignée par une bande spinale noire. les dessins sur le pelage, comme les tigrures, sont moins évidentes que celles du chat domestique tigré avec lequel il peut y avoir confusion.
La gueule et le menton du chat sauvage sont blancs comme neige, ainsi que les vibrisses (moustaches). Cerclée de noir, sa truffe est rose. ses yeux présentent des reflets verdâtres
laiteux.
En chasse, les coussinets de ses doigts permettent au chat une approche silencieuse. Il repère sa proie grâce à son ouïe, excellente de nuit. La panoplie de ce
chasseur est complétée par son odorat extêmement développé, ses griffes courtes et acérées comme des lames de rasoir. Des armes redoutables qui ne laissent aucune chance aux rongeurs de tous
poils.
C'est en forêt que le fauve à la queue à la queue annelée traque le mulot sylvestre, le mulot à collier, le campagnol agreste et roussâtre. En prairie, le félin ajoute à son menu le campagnol
terrestre et celui des champs. Une véritable brochette de rongeurs qui représente 90% de son régime alimentaire dans le nord-est de la France.
Le territoire ocupé par un chat forestier mâle adulte est immense:il peut couvrir jusqu'à 1000 hectares (600 pour la femelle). Son milieu de vie type se compose d'une mosaïque de prairies, de
haies et bosquets jalonnés par une continuité forestière.
Du printemps à la fin de l'automne, et pous ses repos diurnes, le chat fréquente des "zones de gîtes". Ce sont des parcelles forestières en régénération, tapissées de plantations denses, de
broussailles...Les planques y foisonnent. Un bain de soleil sur une butte de terre émergeant d'un roncier, un affût sous un souche: le félin arpente la zone de gîte comme bon lui semble, en
fonction des conditions météorologiques.
L'utilisation des "repaires" a lieu d'octobre à mars. Les terriers, les arbres couverts de lierre, les souches creuses...font l'affaire. Et en hiver, par mauvaise météo, le chat forestier vit
sous terre, dans des terriers abandonnés.
Par la passé et au cours des XIX et XX siècles, le chat forestier fut traqué, chassé, empoisonné dans toute l'Europe. Animal jugé nuisible et malfaisant, convoité pour sa fourrure, le superbe
félin à la queue annelée a également souffert dans notre pays de la déstruction des espaces ruraux pour les besoins de l'agriculture moderne. Protégé en France depuis 1979, le chat de souche
forestière semble mieux se porter et ce malgré une mortalité juvénile et routière non négligeable. Pour préserver le petit fauve de nos forêts, il convient de sauvegarder son habitat type. En
préservant les haies, les prairies, les bosquets et massifs forestiers. Il s'agit d'un enjeu qui risque de s'imposer au cours des prochaines années pour la conservation des populations régulières
de chats forestiers. Chat va de soi!
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En tant que photojournaliste, je suis responsable de deux rubriques. Nature et Tourisme. Dans les pages actualités, la rédaction me donne carte blanche pour pousser un coup de gueule/coup de chapeau en page 10 sur un sujet précis, un fait marquant de l'actualité et dont l'action se passe dans le Grand Est de la France.
Dans le numéro 8 que l'on trouve à présent sur abonnement page 57, vous trouverez mon article nature sur le chat forestier en page 42 ainsi que le sujet tourisme-découverte d'une randonnée blanche du Val de Mouthe au Risoux (25) en page 50.
Bonne lecture
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http://www.kizoa.fr/i-Contact/sflite.swf?fmode=5&did=115156&kc=6152773
Qui sème le vent, récolte la tempête
Profession: Photojournaliste indépendant